Home A LA UNE TESLA MODEL S 100D, autonomie mon amie… (la suite)
TESLA MODEL S 100D, autonomie mon amie… (la suite)

TESLA MODEL S 100D, autonomie mon amie… (la suite)

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Je ne sais pas si le pire n’est pas l’instant où nous sommes informés que nous sommes hors de portée d’une recharge.

Quand il n’y a plus d’espoir, un miracle se produit et le panneau du Novotel Lille Aéroport de Lesquin se montre à nous (je sais, ça fait rêver). Surpercharger en vue et en roue libre… climatisation, radio, sièges chauffants coupés pour gagner encore 100 mètres d’autonomie. Sauvés, nous sommes sauvés !

J’ai presque des regrets… Voir Vera pousser les 2,2 tonnes de technologie américaine est une idée qui m’a traversé l’esprit. Après tout, c’est un peu comme aller à la salle de sport, comme un service rendu.

 

Le supercharger est vite devenu comme un ami.

À la limite de l’autonomie, nous parvenons au Graal représenté par cette borne de recharge. Elle ne se distingue pas tant que cela d’une bonne vieille pompe à essence avec sa forme rectangulaire en hauteur et son câble que nous pourrions confondre avec un tuyau de carburant.

Pendant que notre TESLA Model S 100D fait le plein d’énergie, Vera et moi décidons de planifier une balade sympa. L’avantage de vivre à Lille c’est que la mer n’est pas si loin. En une heure de trajet, la grande bleue s’offre à nous mais pas l’inverse. Je ne trempe pas mon corps à la peau si fragile dans une eau à moins de 25°c. Je suis frileux et alors ?

Nous regardons avec attention la carte afin de nous décider. Malheureusement, avec ces deux arrêts au supercharger en moins de 12 heures, je commence à comprendre que ma façon de conduire n’est pas compatible avec l’autonomie. Il faut savoir faire des sacrifices. J’ai envie de dire que je suis aussi une victime de la société TESLA ! Et oui, la capacité d’accélération est telle que j’en consomme énormément de ces accélérations enivrantes.

« Je ne suis pas loin de tomber dedans. »

La Model S est une espèce de drogue dure qui devient un besoin vital pour mon équilibre. Il va falloir que je me raisonne et la carte des points de recharge nous pousse plus au le nord de la Belgique, à Knokke-le-Zoute…(non ce n’est pas scabreux).

Le fond bleu se marie très bien avec le rouge de notre TESLA Model S 100D.

Knokke-le-Zoute, c’est top moumoute…

Franchement, ce fût la vraie bonne idée du week-end. Certes la météo ensoleillée a bien aidé à rendre la route agréable. Mais surtout, pour la première fois, la recharge prévue chez nos voisins belges, nous a montré qu’il était possible de faire la queue au supercharger.

Des TESLA, il y en avait un paquet du côté de Gand. Bizarrement, nous n’y avons vu que des Model S. De la petite 60 à la 100D, toute la gamme était présente. Cela est rassurant car je commençais à me sentir seul.

Nous complétons la charge afin d’avoir assez d’autonomie au cas où. Un peu comme si nous voulions une batterie à 100% pour notre téléphone afin d’utiliser la fonction appareil photo.

Et en route pour la mer… Knokke-le-Zoute, nous voilà. Pour ceux qui ne connaissent pas cette station balnéaire, je dirais que c’est la Côte d’Azur belge sans le bleu profond de la mer méditerranéenne, sans la chaleur du sud mais avec le vent du nord…

« La question est de savoir POURQUOI y aller. Réponse : pour les bagnoles ! »

C’est un salon automobile roulant. Tout ce qui roule et qui fait rêver se retrouve dans la rue. Alors, je suis d’accord, ça ne fait pas palpiter le coeur de Vera. Fort heureusement, pour tromper sa vigilance, je lui ai remis l’écran à dessins.

« Knokke-le-Zoute, c’est top moumoute », Vera.

Étrangement, notre Model S passe plutôt inaperçue tandis que jusqu’à présent, les gens portaient leurs regards sur l’élégante berline rouge. La concurrence des Porsche Panamera en pagaille est rude, sans parler des Mercedes Classe S. À Knokke en TESLA c’est comme Paris en Autolib’… en plus grosse… plus jolie… en mieux.

Vera vient de finir son dessin, ça tombe bien, je sors de Knokke-le-Zoute.

La température extérieure baisse en cette fin de journée. Les 10 degrés de l’après-midi fondent comme neige au soleil du nord de la Belgique. Désormais, le thermomètre descend sous les 5 degrés et frôle zéro. Il n’y a pas que les degrés qui diminuent, l’autonomie également. Pour l’instant rien d’alarmant mais tout de même.

De plus, au niveau de l’accélération, je sens que le système me bride. Il ne faut pas oublier que les batteries ont une température optimum de fonctionnement. Trop froid ou trop chaud, ce n’est pas bon. Il s’agit de prendre tout cela en compte pour rendre l’expérience TESLA la plus agréable possible. Mes neurones sont eux en ébullition afin de trouver la stratégie la moins énergivore possible. Chauffage intérieur qui passe de 22 à 19°c, sièges et volant chauffants en berne, mode « éco » on !  Ça va le faire… sauf contretemps fâcheux.

Si la TESLA est électrique, ce n’est pas un tram…

La TESLA Model S, reine de l’Autobahn?

Savez-vous que la Belgique a une frontière commune avec l’Allemagne… voilà à quoi ressemble un contretemps fâcheux.

Si vous ne voyez pas le rapport, je vais vous éclaircir très vite… aussi vite qu’un bolide sur l’Autobahn. Je voulais voir les capacités d’accélération de la Model S. Encore une fois, je suis une victime de la drogue Model S 100D. Nous n’avons pas fait 3 kilomètres d’autoroute que déjà un adversaire déboule derrière. Il est bruyant et à la forme des feux dans mon rétro (ridiculement petits au passage) je devine une Porsche Panamera. Comme souvent sur l’Autobahn, il y a une succession de zones de travaux nous forçant à rouler raisonnablement entre 80 et 100 km/h. Sortis de cela, la raison perdue nous pousse à rouler pied dedans et là… bye bye petite Porsche… quoique.

Ah bah non en fait. Au delà de 140 km/heure, je sens la pression de son pare-choc non pas sur mes épaules, mais bien plus bas. Je me pousse, le bruit du V8 résonne dans l’habitacle. Vera coupe la radio. Nous n’entendons plus que l’allemande, une Porsche Panamera Turbo S. Après 180, elle nous dépose. La masse de notre auto finit par nous pénaliser.

« Je me sens humilié… »

Juste retour des choses peut-être après tant d’accélérations et de relances effectuées depuis Paris au nez et à la barde de l’automobiliste moyen. Mais à un moment, la réalité est implacable. Le rapport poids/puissance d’un véhicule fait la loi. Dura lex sed lex…

Le plus dur après ce Waterloo germanique, c’est de constater que l’autonomie n’a pas fondue sur les 50 derniers kilomètres, elle s’est évaporée. La TESLA n’est pas faite pour rouler à des vitesses hors la loi durant de longues distances. Après tout, il faut nourrir les 422 chevaux et déplacer les plus de 2 tonnes.

De jour comme de nuit, le supercharger est toujours disponible.

Quand une prise suffit

Désormais, il est l’heure du retour chez les ch’tis. Le trajet semble plus laborieux quand il s’agit de rouler à 100 km/heure sur l’autoroute. On se traîne. La radio se fait discrète et j’apprécie le confort de conduite.

Cette auto a une double personnalité. Sous ses airs de berline de standing se cache une sacrée chaudière (ou une bouilloire puisque électrique CQFD). Malheureusement, un quatrième petit ravitaillement est nécessaire. Je me sens coupable d’avoir poussé la belle américaine à des vitesses déraisonnables. Je plaide l’irresponsabilité.

Si la nuit porte conseille, elle permet également de recharger la TESLA à la maison sur une prise électrique. C’est long, 35 heures au maximum pour une charge totale mais c’est bien pratique. Si je peux reprendre 10 ou 20% je ne dis pas non. Il existe la possibilité pour un propriétaire d’installer un connecteur mural chez lui. Le gain est notable puisque de 14 kilomètre par heure, vous passez à 81…

Une recharge complète dure 35 heures sur une prise maison.
Une application smartphone bien pratique.

Au petit matin, le premier réflexe qui nous vient est de prendre notre téléphone en main. Dès le réveil, je me précipite sur mon Android et j’ouvre l’application TESLA. Je vérifie que ma Model S 100D est bien présente. Ouf elle n’a pas bougé et je constate que j’ai 160 kilomètres d’autonomie supplémentaire. J’en profite pour mettre en route la climatisation afin d’entrer dans une auto à bonne température. Je m’amuse avec la fonction « Sortie Auto ». Avec cette dernière, je trempe ma tartine dans le chocolat d’une main et je sors la TESLA du garage de l’autre.

« Et je la rentre, et je la sors, rentre, sors, rentre… sors (jarrête là, ça devient malsain). »

L’auto est prête. Le silence de fonctionnement au petit matin est très agréable. Il permet un démarrage en douceur avant de passer aux choses sérieuses.

J’explique à Vera que je dois repasser par le supercharger. Je préfère voir mes batteries à 100%, c’est le genre de réflexes adopté avec les smartphones. La peur du vide…

C’est le moment de faire le tour de notre Model S 100D.

La finition est sobre et la première impression est confirmée. Certes quelques allemandes comparables en tarif offrent plus et mieux mais je dirais que ce n’est pas le sujet.

Nous sommes dans une voiture « techno ». Le grand écran est encore plus captivant que celui de mon téléphone et le sentiment de sécurité à la conduite est très présent. Le grand coffre arrière peut également recevoir deux sièges supplémentaires faisant dos à la route. 7 personnes pourraient prendre place dans la TESLA. Sous le capot avant se cache un coffre plus restreint et un filtre HEPA, pas petit. Il nous protège contre la radioactivité. Promis, nous le testerons à Tchernobyl la prochaine fois !

Intérieur cuir et surpiqûres blanches, la Model S 100D de notre essai adopte les codes du raffinement.

La berline donne une décharge d’adrénaline au volant

Je me décide enfin à tester ses aptitudes sur petites routes. Les centaines de kilos de batteries dans le plancher abaissent le centre de gravité. En terme de dynamisme, c’est bon signe.

– Vera, accroche-toi ?
– Euh pourquoi ? Ah noooooooooooooooooooooooon !

Trop tard, c’est parti. L’accélérateur répond instantanément, j’en profite. Aucun risque de prendre en défaut la motricité, la technologie gère parfaitement. Le premier virage arrive vite, très vite. Le freinage jusqu’au point de corde est presque jouissif (ou vomitif selon ma passagère). L’auto se place facilement, j’en oublie son gabarit et sa masse. Je reprends l’accélérateur, la Model S repart de suite. Pas de latence, je ne perds pas de temps (ça change de l’impression donnée au supercharger), l’auto semble bondir de virage en virage.

Contrôle de traction désactivé, voilà le résultat…
Les jantes en option de 21 pouces, font perdre en autonomie mais apporte tellement en élégance.

Les changements d’appui, les successions de freinage et d’accélération sont un pur plaisir… un plaisir quelque peu coupable lorsqu’après quelques kilomètres, les freins me disent qu’il faudrait ralentir. Vera aussi le dit… Elle me rappelle que ce n’est pas une voiture de sport. C’est vrai mais il est possible de croire le contraire avec cette TESLA.

Afin d’être complet, j’ai tenté l’expérience sans les mains sur le volant. Le système fonctionne. Malgré cela, il est bon de rappeler que la maîtrise du véhicule incombe d’abord à son conducteur.

Alors ok, une voiture qui conduit toute seule, ce n’est pas fun. Et pourtant qu’est-ce qu’elle est fun !

Finalement, vient toujours le moment du verdict. Bien que le bruit du V8 soit le grand absent de cet essai, le fait d’avoir pu profiter de la Model S 100D sur plusieurs jours fut une chance. Une chance de se rendre compte que c’est une bonne auto.

Le châssis, l’amortissement, le comportement dynamique sont mes critères premiers d’appréciation. Sur ces points, il y a peu de reproches à faire. Effectivement, j’ai passé du temps aux différents superchargers. J’ai eu la peur de la panne plus d’une fois mais ce sont les contraintes liées à la voiture sur batterie.

Choisir une TESLA c’est accepter une manière de rouler différemment. Après tout qu’importe que le moteur soit électrique ou thermique, je veux du plaisir au volant. Et ça, je l’ai eu.

Ma passagère Vera n’a pas fait que prendre des photos, elle s’est aussi enthousiasmée à chaque accélération. Par ailleurs, dans sa livrée rouge avec ses jantes double turbine de 21 pouces (qui consomment de l’énergie), avec son intérieur cuir, ses surpiqûres blanches et la finition carbone, notre TESLA présente bien. Il est dommage que cela s’arrête.

Notre Tesla que nous avions surnommée « Banane » nous tire se révérence.

Un grand remerciement à TESLA France pour la confiance qu’ils nous ont accordée.

Crédit photos : Vera / Motion-Car

TESLA Model S 100D, caractéristiques techniques :

Moteur et transmission

Cylindres 2 moteurs électriques à induction sans balais
Puissance max. (ch) / trs/m) 422
Couple max. (Nm / trs/min) 660
Position avant / arrière
Transmission Intégrale, 1 rapport + MA

Performance

Acceleration 0-100 km/h (s) 4,3
Vitesse max. (km/h) 250

Consommation *

Urbain (l/100km) 0
Extra-urbain (l/100km) 0
Mixte (l/100km) 0
CO2 émissions (g/km) 0
Capacité du réservoir (l) 0

Roues et pneus

Equipement d’origine Jantes en alliage d’aluminium
Avant 245/35 ZR 21
Arrière 265/35 ZR 21

Dimensions

Longueur (mm) 4 978
Largeur (mm) 1 963
Hauteur (mm) 1 435
Capacité du coffre (l) 750
Capacité du réservoir (l) 0

Masse

Masse à vide (EU) (kg) 2 195
Rapport poids/puissance (kg/ch) 5,2

 

* selon la directive UE. Bonus de 6 000 euros

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